Vivre sans image de soi-même

Vivre avec une image de soi empêche l’homme d’être réellement. S’observer psychologiquement nourrit cette image fictive que l’on entretient de soi. Être est un processus qui nous amène peu à peu à comprendre que ce que nous croyons être… nous ne le sommes pas. Ce processus révèle que l’homme vit constamment dans la comparaison : il se mesure, se juge et se définit à travers tout ce qui l’entoure.

Avec le temps, l’homme peut voir que son illusion d’être est colorée par l’ego, qui lui donne simplement l’impression de vivre. Mais avoir l’impression de vivre, c’est subir la loi des impressions, une loi qui appartient à l’esprit et non à l’âme. L’âme pousse l’homme à s’identifier à tout, et cette identification l’éloigne de son véritable centre d’énergie : l’être.

Pour se retrouver, l’homme devra développer en lui une nouvelle psychologie une véritable science de l’être. Cela exige qu’il détruise l’image fautive qu’il se fait de lui-même, image qu’il utilise inconsciemment pour compenser une perte d’énergie, qu’il transforme ensuite en recherche et en développement.

Dès que l’homme pense à être, il est récupéré par des formes, par des idées ou des définitions auxquelles il s’identifie ou auxquelles on l’a identifié. Il devra donc défier l’astral en lui, non pas à partir de ce qu’il pense être, mais à partir de son intelligence-énergie. Ce que l’on pense de soi, en grand ou en petit, ne fait pas partie de l’être. L’être est une réalité énergétique qui ne peut être réalisée qu’à travers la transparence de l’ego. Toute pensée d’être est déjà astralisée, et elle le demeure même après la mort. L’être se situe hors du connu. Or tout ce qui est connu retarde le développement de la psychologie de l’être, car le connu s’est construit sur l’insécurité et sur la recherche de sécurité.

La sécurité est anti-être. Elle maintient l’homme dans une vie formalisée et répétitive. C’est en pénétrant l’inconnu que l’homme pourra réellement devenir être et apprendre à manipuler la matière. Sans cela, il passe sa vie au tombeau, incapable d’en faire éclater le couvercle. Être, c’est vivre au-delà de toute connaissance et de toute convention.

En tant qu’être, l’homme ne peut avoir aucun dieu au-dessus de sa tête. S’il croit en un dieu quelconque, il demeure un esclave à la recherche de sécurité. Et même s’il affirme ne pas croire, cela peut rester psychologique : il se ment encore à lui-même.

Il est temps que l’homme prenne conscience de l’impact de l’invisible dans sa vie… afin de commencer enfin à vivre.