Au centre de l'expérience
L’homme veut changer sa vie, mais il ne veut pas changer le centre à partir duquel il la vit. Il cherche des solutions, des explications, des méthodes, alors que le véritable enjeu n’est pas ce qu’il traverse, mais d’où il le traverse. Tant que la conscience n’est pas au centre de l’expérience, la vie ne fait que se répéter sous des formes différentes. L’homme appelle cela le destin, la malchance, le karma. En réalité, il s’agit d’un manque de discernement.
La vie n’a qu’un but : ramener l’homme dans l’énergie consciente dont elle procède. Toute expérience est une porte. Avec conscience, elle ouvre. Sans conscience, elle recycle. Rien n’arrive pour punir ou récompenser, mais pour révéler. Lorsque la conscience est au centre, l’expérience devient intelligence vivante. Elle éclaire, elle transforme, elle libère. Mais lorsque l’homme vit en périphérie de lui-même, identifié à sa personnalité, l’expérience ne sert plus l’éveil : elle entretient la répétition. Il croit avancer, mais il rejoue. Il croit comprendre, mais il réagit. Alors il ne vit pas dans l’intelligence libre il fonctionne dans une intelligence karmique, c’est-à-dire dans une mémoire inconsciente qui se perpétue à travers lui. La responsabilité véritable commence lorsque l’homme cesse d’accuser la vie et accepte de devenir conscient au centre même de ce qu’il traverse. Là, l’énergie change de nature. Là, la répétition cesse.