De la mémoire à la lumière
Chapitre 1 — Se désengager de la mémoire
Pour voir et vivre à partir de soi-même, l’homme doit cesser de percevoir la vie à travers les yeux des autres et du monde en général. Cela implique un processus, plus ou moins long, qui participe à la formation de son identité réelle. Car pour qu’il y ait identité, l’âme doit être transmutée. L’âme est mémoire, et cette mémoire doit être éclatée, puisqu’elle maintient l’homme dans des schémas répétitifs qui ne lui appartiennent pas.
Le rapport que l’homme croit avoir avec lui-même découle en réalité des définitions qu’il a acceptées. Il s’est laissé définir, et cela fait partie des plans astraux qui dominent sa conscience. Ainsi, plus il est assujetti à la conscience sociale, moins il possède d’identité. Il ne s’agit pas de s’opposer à l’ordre établi, mais de réaliser que la conscience sociétale est mémoire, donc liée au passé. À l’inverse, une conscience individuée appartient à l’instant présent, dans son instantanéité vivante.
Dans la conscience sociale, l’homme tente de se situer dans le présent, mais ce présent n’est en réalité qu’un passé transformé. Il se cherche alors à travers les formes d’évolution qui lui sont proposées, s’éloignant progressivement de sa propre source. C’est pourquoi il vit des instabilités constantes, notamment dans trois sphères fondamentales : la santé, l’argent et l’amour. Ces domaines deviennent des structures d’expérience à travers lesquelles il demeure assujetti.
Ces expériences appartiennent aux plans astraux de la mémoire, maintenant l’homme dans une forme d’égarement. Cependant, ces structures santé, argent et amour seront éventuellement éclatées au cours de la transmutation de l’âme. Car celle-ci ne fait que lui faire vivre une succession d’expériences.
Ainsi, l’homme croit savoir où il va, mais comme ce n’est pas lui qui pense réellement, il vit une vie qui n’est pas la sienne. C’est pourquoi, à la fin de sa vie, il retourne aux plans astraux. L’étude de la pensée devient alors essentielle : elle marque le début de la rencontre de l’homme avec sa propre source.